L’itinérance au féminin

Une réalité à dévoiler

Pour éviter la rue, les femmes ont recours à toutes sortes de moyens rendant l’itinérance féminine difficile à constater et son ampleur, complexe à mesurer.


Qu’est-ce qui caractérise les femmes en situation d’itinérance?

  • Elles développement des stratégies comme le travail du sexe, le couchsurfing ou le vol pour survivre;
  • Elles montrent une certaine réticence à exposer leur précarité;
  • Elles sont plus à risque de violence et d’abus, et leur passé – ou leur présent – en est souvent marqué;
  • Plus de femmes que d’hommes dans cette situation sont autochtones ou issues de l’immigration.

Ainsi, leur itinérance est peut-être cachée, mais elle n’en est pas moins réelle. Elles vivent dans des situations de pauvreté extrême, ne pouvant même pas subvenir à des besoins de base tels que se loger, se nourrir, se vêtir, se procurer des soins de santé physique ou mentale et accéder au transport en commun.  Leurs droits fondamentaux – santé, sécurité, exercice de leur citoyenneté, logement –  s’en retrouvent ainsi bafoués.

Dans tous les cas, la rue demeure leur dernier recours.


En finir avec les préjugés

Il n’existe pas de parcours type menant aux portes de Passages ou d’organismes similaires. Il y autant de parcours qu’il y a d’appels à l’aide.

Nombreuses sont les femmes en situation d’itinérance ou vivant dans une précarité extrême qui sont contraintes de trouver refuge chez un conjoint inadéquat, voire violent, dans un appartement sans bail avec un propriétaire abusif, ou de partager un appartement avec des colocataires et risquer de subir de nombreuses violences physiques ou psychologiques.

 

Rappelons-nous que personne n’est à l’abri de la rue ou de la pauvreté; une perte d’emploi, des problèmes judiciaires, un deuil, une maladie ou une séparation sont autant d’événements qui peuvent bouleverser le cours d’une vie. Les femmes bénéficiant de nos services arrivent chez nous à bout de souffle et vivent généralement dans la pauvreté depuis plusieurs mois. Elles souffrent et ont souvent été victimes d’abus parce qu’elles sont dans une situation de survie.

Comme le dit souvent notre porte-parole, Caroline Dhavernas, on ne devrait, en aucun cas, abandonner un être humain.


Sources consultées :
1. Avis du Conseil des Montréalaises 

2. Déclaration de la Table des groupes des femmes de Montréal

Passages fait partie des ressources pour femmes consultées dans la démarche de rédaction de ces deux documents et collabore actuellement au Plan d’action intersectoriel en itinérance du CIUSSS en prenant part au Groupe de travail jeunes et familles vulnérables et au Comité sur l’itinérance des femmes.